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Bazla

Cuisine haïtienne & caribéenne

Soupe joumou : la soupe de la liberté haïtienne

La soupe joumou, soupe au giraumon du 1er janvier en Haïti : histoire de l'indépendance de 1804, ingrédients et inscription à l'UNESCO.

· 3 min de lecture · Article disponible en français.

Bol de soupe joumou au giraumon, légumes et viande

Chaque 1er janvier, dans les maisons haïtiennes d'Haïti et de la diaspora, une grande marmite mijote dès le matin. Dedans : du giraumon, des légumes, de la viande, des pâtes. C'est la soupe joumou, et elle n'est pas une soupe comme les autres. Elle célèbre la liberté.

Une soupe née de l'indépendance

Pour comprendre la soupe joumou, il faut revenir à l'histoire d'Haïti. À l'époque coloniale, Saint-Domingue, le nom de la colonie française, était l'une des plus riches du monde, grâce au travail forcé de centaines de milliers d'Africains réduits en esclavage.

Selon la tradition, la soupe au giraumon était un mets apprécié des colons, et les esclaves qui la préparaient n'avaient pas le droit d'en manger.

Le 1er janvier 1804, après une révolution victorieuse, Haïti proclame son indépendance et devient la première république noire indépendante du monde. Ce jour-là, la soupe joumou est partagée par tous : la manger, c'est affirmer sa liberté. Depuis, chaque 1er janvier, les Haïtiens la préparent et la partagent avec leurs proches.

Inscrite au patrimoine de l'UNESCO

En 2021, la soupe joumou a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO. C'était la première inscription d'Haïti sur cette liste, et une reconnaissance de la portée de ce plat : un symbole de dignité, de résistance et de fierté.

Qu'y a-t-il dans la soupe joumou ?

La recette varie selon les familles, mais on retrouve généralement :

  • le giraumon (joumou en créole), une courge à chair orange qui donne sa couleur et sa douceur ;
  • de la viande de bœuf, marinée la veille avec des agrumes et des épices ;
  • des légumes : carotte, chou, navet, poireau, céleri, pomme de terre, igname ou malanga ;
  • des pâtes, souvent des macaronis ou des spaghettis cassés ;
  • des aromates : ail, oignon, thym, persil, clou de girofle, piment bouc entier pour parfumer sans brûler.

C'est une soupe épaisse, nourrissante, qui se prépare en grande quantité, pour pouvoir en offrir aux voisins et à la famille.

Une soupe de partage

La soupe joumou ne se mange pas seul. Le 1er janvier, on en porte chez les voisins, on en garde pour ceux qui passent, on en envoie aux absents. C'est exactement l'esprit que le Chef Joseph a connu enfant, à Saint-Martin : « Il n'y a personne qui peut avoir faim dans mon quartier. »

Cet esprit de partage est aussi celui de Bazla. Lisez notre histoire.

Et chez Bazla ?

La soupe joumou ne fait pas partie de notre carte : notre menu quotidien est centré sur le fritay et le bokit. Mais nous racontons volontiers son histoire, parce qu'elle dit beaucoup de ce qu'est Haïti.

Si vous organisez un événement autour de la culture haïtienne, une fête du Nouvel An ou un repas de famille, parlez-en avec nous : notre service traiteur s'adapte à vos envies.

Haïti, le Bénin et la liberté

L'histoire de la soupe joumou résonne particulièrement au Bénin. Une partie des ancêtres des Haïtiens a été déportée depuis les côtes de l'actuel Bénin, notamment depuis Ouidah. Pour comprendre ces liens, lisez du Dahomey à Haïti : les liens entre le Bénin et Haïti et visiter Ouidah en une journée.

En résumé

La soupe joumou, c'est la soupe du 1er janvier, de l'indépendance de 1804 et de la liberté retrouvée. Un plat qui se partage, inscrit au patrimoine de l'humanité. Une belle façon de commencer l'année, et de comprendre Haïti.